La route était sinueuse et encore toute baignée dans le noir de la nuit. Doucement derrière la colline le soleil se lève et la voiture s'engouffre dans les rues, le moteur vrombissant et les pneus crissant au détour d'une ruelle. A gauche, à droite pas grand monde dans les rues de si bonne heure et déjà une femme entame sa course folle de la journée de travail.
Après le boulevard Lachenal, il faut aller « Haut, toujours plus haut ». Remonter tranquillement pour profiter de la couleur du ciel qui s'éclaircit. Après avoir basculé à gauche vers la mer, vers la ville. Passage obligatoire au bord de l'eau où les vagues s'éclatent contre les rochers et les embruns volent sur les pares brise des autos bouchonnant le long de la corniche. Le vent est doux mais violent, et à cette heure si jeune, dans la furie de la mer un point rouge vadrouille sur la crête des vagues. Au fur et à mesure que la voiture file vers le bord de mer cette tâche rouge s'affine et les trajectoires de ce fou volant du petit matin remplissent de sourires le visage de cette beauté empoisonnée...
Mais il est l'heure d'ouvrir les yeux et déjà le réveil sonne pour attaquer la journée.
En quelques secondes la voilà sortie du lit, les cheveux dans tous les sens sur sa jolie petite tête blonde, les yeux encore pensifs et rêveurs mais déjà regardant vers demain...En pyjama, armée de son boxer blanc et d'un débardeur de même couleur elle descend les escaliers deux à deux vers la cuisine.
Sur le plan de travail un jus d'orange fraîchement pressé, du pain frais, un pot de nutella, un peu de beurre, deux bols et un petit mot : « Parce que la journée ne sera jamais assez courte avant de te retrouver. J'espère ne rien avoir oublier et que tu te régales »
Le sourire naissant sur les lèvres elle est tout de suite ramenée à la réalité par un bruit sourd venant du couloir. Elle se retourne et dans un effort courageux elle ouvre la porte.
Du haut de ses 4 ans Noa rentre dans la pièce pour s'accrocher à la jambe de sa mère. Petite blonde aux yeux bleu-vert elle rit avec sa mère jusqu'à en perdre la raison. La pièce s'emplit soudain d'une chaleur bienséante.
Encore un bruit sourd au loin, mais cette fois c'est un beau brun qui rentre !!!
Tout de marine vêtu, son mari rentre dans la pièce après un footing bien matinal. Le regard qu'ils s'échangent est si pur et si tendre que seul la météo du jour à la télé peut les interrompre.
« Beaucoup de vent de prévu sur la planète Marseille »
Le regard complice s'accompagne d'un sourire et d'un moment de tendresse.
Il est l'heure pour tout ce petit monde de s'activer. Elle part habillée en tailleur, plus belle que jamais, le laissant s'occuper de sa fille. Ils partent ensuite tous les deux au soleil levant pour l'école.
Dans l'après midi elle se prépare pour son dernier rendez vous de la journée en centre ville ? Et repassant devant la mer elle a cette impression de déjà vu. Les véliplanchistes jouent avec les vagues. En passant devant une voiture elle voit ce panneau « rejoins moi après le boulot »
Le sourire jusqu'aux oreilles elle reconnaît la voiture de son mari et elle s'évade vers le c½ur de ville.
Après avoir fait tous les examens nécessaires, et sûre d'elle, elle file vers la plage pour partager encore un de ces instants privilégiés au bord de l'eau avec son « enfant » de mari.
En deux temps trois mouvements elle vogue sur les flots telle une sirène.
2 voiles identiques, 2 sourires éclatants, 1 soleil radieux et dans une risée plus forte que les autres 1 cri :
« Je suis enceinte, tu vas à nouveau être papa ! »
to be continued ...
France